En Art, j’apprécie l’effort, la patience et différents niveaux de compréhension. J’aime le processus créateur. M’inspirant de la nature, je m’approprie ses textures et couleurs. Je perçois l’évolution de mes oeuvres en tranches de vie générant à leur tour de nouveaux concepts qui prendront visuellement forme.

Mon habileté à enregistrer mes changements m’a permis d’utiliser des matériaux comme: papiers encrés, peinture sur toile, bâtons de pop sicle, cuirette rose, fil de laiton, cuivre, verre transparent et coloré.

Je sens à certains moments que je travaille aussi bien avec frénésie qu’au ralenti, active et consciente dans la fabrication de mon art.

Mes oeuvres offrent souvent ma réaction à un événement précis, traduisant ma version d'un moment, de « qu’est ce qui vient d’arriver? ».

Un moment en 1992 atteste ma rencontre avec une femme enceinte, sans abri qui traversait la rue et passa tout près de deux autres femmes qui promenaient leurs chiens dans le parc John Jay à New York. À la suite cette expérience, a émergé Sardines une série de peintures imaginant la vue de chacune de ces personnes partageant pour un court moment un espace circulaire de 10 pieds de diamètre.

Attraction explore trois révolutions sur une grande roue à Great Adventure Park, Jackson, NJ, que j'ai partagée avec deux adolescents et leur mère, celle-ci présentant une peur panique extrême des hauteurs. De retour dans mon atelier, j'ai construit un modèle de grande roue de 3 pieds de hauteur (avec bâtons de pop sicle en guise de structure, simili cuir rose et autres matériaux pour les sièges). J’ai photographié le travail fini, et photocopié cette image de grande roue sur un acétate. Je l’ai superposée sur le secteur nord-est de la carte de l'Amérique du Nord, alignant un siège à Jackson NJ, un siège à mon atelier à Sherbrooke, au Québec et les autres 26 sièges à des villes ainsi choisies au hasard. J'ai ensuite sollicité des gens de certaines de ces villes (Cleveland, OH, Boston, Massachusetts, New York, NY, et Ville-Marie, Témiscamingue dans le nord-ouest du Québec) pour être les participants de ce tour de révolution de cette gigantesque roue conceptuelle.

Au début d'une nouvelle étape, je ne détermine pas où le projet me conduira. Je me fie à l’effort d’un travail ardu ainsi qu’aux personnes qui regarderont plus attentivement ma création. Tout en travaillant mes monotypes, j'ai utilisé plusieurs couches d'encre, parfois 6 ou 7, toujours à la recherche de la transparence et de ses qualités de lumière dans les pellicules de couleurs superposées. En regardant la gravure E = MC2, certaines personnes voient une cathédrale en cours de construction, tandis que d'autres pensent que le mur a été détruit. Chacun fait vivre une oeuvre en se l'appropriant à sa facon. Quant à l'émotion qui m'a poussée à entreprendre l'exécution de mon support, j'avais juste un urgent besoin cette journée là, de graver une des nouvelles entendues sur les ondes de la radio, concernant le sort de cette femme, de l'autre coté de la planète, qui avait reçue une sentence de lapidation pour un crime d'adultère dont ses "concitoyens" l'accusaient. Ces couches d'encre peuvent mettre en parallèle les couches de sens interprétés dans mon art.

Ma curiosité :
• La lumière réfléchie par le médium du verre.
• Le fait que je suis toujours là et que vous y soyez aussi.
• Tout ce que je ne sais pas encore.

Avec le verre mon nouveau médium, je continue à travailler avec des couleurs transparentes et trouve très enjoué le jeu de la lumière qui brille au travers. Ça me fait respirer plus profondément et je veux partager cette sensation. Le processus exige beaucoup de transformations. Il s'agit de temps, chaleur adéquate, multiples cuissons, courage et patience. J'utilise le jeu de la lumière et le mélange optique des couleurs pour transformer ce jeu de sens, et l'interprétation humaine de la sensibilité à la même occasion. Il s'agit d'une occasion d'amadouer le soleil.

Merci, de visiter mon site.

Suzanne Fortin, février 2013

Déclaration à la frontière